Donald Trump n’a manifestement pas fini de susciter l’étonnement à l’échelle internationale. Selon plusieurs médias, le président américain souhaiterait voir Gianni Infantino, actuel président de la FIFA, succéder à António Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU.
À première vue, cette idée relève davantage de la satire politique que d’une proposition diplomatique sérieuse. Peut-on désormais assimiler la gouvernance mondiale à l’organisation d’une Coupe du monde ?
Diriger la FIFA et diriger les Nations unies sont deux missions fondamentalement distinctes. La première concerne l’administration du football mondial ; la seconde consiste à arbitrer les conflits internationaux, à défendre le droit international, à coordonner l’aide humanitaire et à promouvoir la paix entre 193 États.
Cette déclaration de Donald Trump illustre, une fois de plus, sa volonté de bousculer les usages et de privilégier des personnalités qui lui sont proches. Toutefois, le poste de secrétaire général de l’ONU ne relève pas d’une nomination présidentielle américaine. Il suppose une recommandation du Conseil de sécurité, au sein duquel les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, puis une approbation de l’Assemblée générale des Nations unies.
L’aspect le plus préoccupant réside peut-être dans la portée symbolique d’une telle initiative. À une époque où les tensions géopolitiques se multiplient, les institutions internationales ont besoin de crédibilité, d’indépendance et d’une diplomatie éprouvée, et non d’une personnalisation excessive du pouvoir ni d’une confusion entre sport, politique et relations internationales.
Comme si cela ne suffisait pas, certains semblent vouloir transformer la gouvernance mondiale en prolongement du spectacle politique. Pourtant, l’ONU n’est ni un stade ni une fédération sportive. La paix mondiale mérite davantage qu’une simple opération de communication.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !
Laisser un commentaire