NOUVEAU SIÈGE DE LA CEDEAO CONSTRUIT PAR LA CHINE :

L’ŒIL DE L’AFRIQUE… OU LE REGARD DE NOTRE DÉMISSION ?**


       Bâti sur une superficie de 7 hectares, le long de la route de l’aéroport international d’Abuja, le nouveau siège de la CEDEAO est annoncé comme un joyau architectural. Achevé à 96 %, il porte un nom grandiloquent : « l’Œil de l’Afrique de l’Ouest ».

          Mais derrière ce symbole se cache une réalité embarrassante, presque humiliante : ce complexe est entièrement financé et construit par la République populaire de Chine, via son agence de coopération internationale, China Aid.
Aucun financement des États membres. Aucun effort collectif. Aucun sursaut de dignité.

       Dès lors, une question s’impose :
    que voit réellement cet “œil” ?
La grandeur de l’intégration régionale… ou l’aveuglement volontaire de ses dirigeants ?

       Comment comprendre qu’une organisation regroupant quinze États, riche de ressources naturelles, humaines et financières, soit incapable de financer son propre siège ?
Comment accepter que l’institution censée porter la souveraineté régionale dépende totalement d’une puissance étrangère pour son symbole le plus fort ?

         Pendant ce temps, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), pourtant confrontés à des sanctions, à l’isolement diplomatique et à de fortes pressions extérieures, ont démontré qu’avec de la volonté politique, tout est possible.
À eux seuls, ils ont réussi à mettre sur pied :
    •    une banque commune,
    •    un siège institutionnel,
    •    une chaîne de télévision,
    •    et surtout, une vision assumée de souveraineté.

       La comparaison est cruelle, mais nécessaire.
Elle met à nu le vrai mal de la CEDEAO : l’absence de volonté politique.

Depuis trop longtemps, cette institution semble :
    •    prompte à sanctionner,
    •    lente à protéger,
    •    incapable d’anticiper,
    •    et largement déconnectée des aspirations des peuples ouest-africains.

Insécurité persistante, chômage massif des jeunes, intégration économique quasi inexistante, dépendance extérieure chronique : où sont les résultats concrets de la CEDEAO ?

À quoi sert une organisation régionale :
    •    si elle ne garantit pas la sécurité collective ?
    •    si elle ne favorise pas une économie intégrée et solidaire ?
    •    si elle ne peut même pas financer son propre siège ?

La question, longtemps considérée comme taboue, mérite désormais d’être posée clairement :
👉 la dissolution de la CEDEAO n’est-elle pas devenue une option légitime ?

Ou, à tout le moins, une refondation radicale :
    •    financée par ses États membres,
    •    recentrée sur les peuples et non sur des agendas extérieurs,
    •    guidée par une vision panafricaine courageuse, souveraine et crédible.

Car une institution qui ne croit pas en elle-même, qui ne respecte pas ses prérogatives et qui dépend des autres pour exister cesse d’être un outil de développement pour devenir un symbole d’échec.

Le nouveau siège de la CEDEAO n’est pas seulement un bâtiment.
C’est un miroir.
Et ce qu’il reflète aujourd’hui, c’est une Afrique de l’Ouest qui doit choisir :
continuer à subir… ou enfin assumer son destin