Lorsque le général Brice Clotaire Oligui Nguema renverse le régime Bongo le 30 août 2023, une grande partie du peuple gabonais descend dans les rues pour célébrer la fin d’un système qui aura dominé le pays pendant plus d’un demi-siècle.
Pour beaucoup, ce coup d’État était présenté comme une libération historique et le début d’une nouvelle ère pour le Gabon.
Mais aujourd’hui, à mesure que les mois passent, une question de plus en plus dérangeante se pose dans les rues de Libreville et sur les réseaux sociaux :
le changement promis est-il réellement en train d’arriver ?
Un espoir immense… qui se transforme en doute
Au moment de sa prise de pouvoir, Oligui Nguema promettait trois choses :
restaurer les institutions, lutter contre la corruption et améliorer les conditions de vie des Gabonais.
Pourtant, dans la réalité quotidienne, de nombreux citoyens disent ressentir plus de frustration que d’espoir.
Les problèmes qui minent le pays depuis des années restent toujours présents :
• coupures d’eau et d’électricité
• chômage des jeunes
• coût de la vie élevé
• lenteur des réformes économiques.
Pour certains Gabonais, la rupture annoncée ressemble aujourd’hui à une continuité maquillée.
Quand la liberté d’expression devient une inquiétude
Mais ce qui inquiète le plus une partie de l’opinion publique ces derniers jours, ce sont les restrictions imposées à l’espace numérique.
Depuis plus de deux semaines, plusieurs internautes affirment que l’accès aux réseaux sociaux est fortement perturbé ou bloqué.
Plus grave encore, des informations circulent selon lesquelles l’utilisation des VPN est interdite, avec des menaces de sanctions ou d’emprisonnement pour ceux qui tenteraient de contourner les restrictions.
Dans un pays qui sort d’un régime longtemps critiqué pour son contrôle politique, cette situation soulève une question fondamentale :
peut-on construire une nouvelle démocratie en limitant l’accès à l’information ?
La perception d’un pouvoir éloigné des préoccupations du peuple
Dans les discussions populaires, certains critiques vont plus loin.
Ils accusent le pouvoir actuel de s’éloigner progressivement des préoccupations sociales, estimant que le nouveau système profiterait davantage à certaines élites qu’à la population.
Dans les quartiers populaires, un discours revient souvent :
« Nous avons changé de dirigeants, mais notre quotidien n’a pas changé. »
Certains vont même jusqu’à affirmer, parfois avec amertume, que l’ancien régime semblait au moins plus stable que la situation actuelle.
Le moment de vérité
L’histoire politique de l’Afrique regorge de transitions qui ont suscité de grands espoirs avant de décevoir les populations.
Pour le président Oligui Nguema, le moment de vérité approche.
Car un pouvoir né d’une promesse de rupture est jugé plus sévèrement que les régimes qu’il remplace.
Le peuple gabonais n’attend pas seulement des discours.
Il attend des résultats :
• des institutions crédibles
• des libertés respectées
• et surtout une amélioration réelle des conditions de vie.
Conclusion
Le coup d’État de 2023 avait ouvert une page nouvelle dans l’histoire du Gabon.
Mais une page nouvelle ne devient pas automatiquement une page meilleure.
Aujourd’hui, une partie du peuple gabonais se demande si la révolution promise est réellement en marche…
ou si elle est en train de se transformer en désillusion politique.
Une chose est certaine : le temps des promesses est terminé.
Le temps des résultats commence maintenant.
FLASH INFO INTERNATIONAL
Gabon : Oligui Nguema, espoir de libération ou nouvelle désillusion ?
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